Avec le RSA, mon pouvoir d’achat chute
24 novembre 2009
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Une Choletaise de 58 ans, qui souhaite rester anonyme, vit très mal le passage du dispositif RMI au RSA. La perte des droits connexes va lui amputer ses revenus de plus de 3 000 € par an.
J’ai perdu mon emploi en 1998. J’ai envoye plus de 1 000 lettres de candidature. J’avais 47 ans ; on m’a repondu qu’on n’engageait pas de seniors. J’ai beneficie d’une allocation de solidarite specifique, puis du revenu minimum d’insertion (RMI). Depuis le 1er juin 2009, je touche le revenu de solidarite active (RSA).
J’occupe un poste en CDD (contrat à duree determinee) à temps partiel d’emploi vie scolaire dans une ecole de Cholet. Je gagne 819 € par mois. J’avais un revenu equivalent quand j’etais dans le dispositif RMI. Mais en passant au RSA, mon pouvoir d’achat baisse brutalement. La chute devrait être de plus de 3 000 € par an à partir de janvier 2010.
Une perte inattendue
Pour l’instant, je constate que, RSA compris, je vais perdre 312, 36 € en deux mois. Je subis exactement le contraire de ce que Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarites actives contre la pauvrete, avait annonce. J’ai appris cela par un courrier de la Caisse d’allocations familiales, reçu le 26 octobre. Cette diminution de mes revenus, inattendue, sans preavis, est impossible à accepter.
Je pensais que je pouvais conserver des « droits connexes » attaches au contrat d’insertion du dispositif RMI. Il n’en est rien. Mon allocation logement va passer de 243,50 € à 107,82 €. Je vais payer 41 € de redevance tele, alors que j’en etais exoneree.
Je vais être redevable d’une partie de la taxe d’habitation. Je vais perdre la CMU (couverture maladie universelle), avec effet retroactif au 1er juillet. Je ne beneficierai plus des tarifs sociaux du telephone, d’EDF et de GDF.
« Je suis prise à la gorge »
Je suis prise à la gorge. Sans aucun recours. J’ai contracte un pret social dans le cadre de mes actions d’insertion et un autre à taux 0 pour ma sante (achat de lunettes).
Je suis tenue de rembourser un trop perçu de prime pour l’emploi ; ces prets et remboursements qui participent à mon insertion socioprofessionnelle s’integraient bien dans mon budget. Plus maintenant. Mon emploi va même être remis en cause, parce que je ne vais plus pouvoir faire reparer ma voiture et je vais être coupee de toutes les relations que j’ai tissees pendant deux ans et demi.
Le plus ignoble dans cette affaire, c’est que j’ai signe un contrat d’avenir où il est specifie que l’État, la commune et le departement m’apportent un soutien et mettent tout en œuvre pour ameliorer ma situation jusqu’à vivre de mes propres ressources, dans la mesure du possible.
Recueilli par Michel CAILLARD.
16 000 beneficiaires
Dans le Maine-et-Loire, 16 059 personnes ont beneficie du RSA en septembre 2009, 13 356 pour la Caisse d’allocations familiales de l’Anjou (Angers) et 2 709 pour la Caf de Cholet.
Droits connexes
Les exonerations d’impôts, les allocations, les tarifs sociaux qu’on appelle « droits connexes » etaient lies à la nature même du RMI. Avec le revenu de solidarite active (RSA), on change de philosophie : le montant de ces droits connexes est lie aux ressources du beneficiaire. D’où les malentendus que la reforme suscite.
Usine à gaz
Pour les Caisses d’allocations familiales, la mise en place de ce revenu de solidarite active, n’a pas ete simple. On a même parle « d’usine à gaz ». « Nous avons pointe le problème des droits connexes dès le depart, indique un responsable. Mais nous devons appliquer les textes. »
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